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1er réseau d'entrepreneurs de croissance

engagés pour libérer l'économie et favoriser la croissance des entreprises

[Tribune] Loi Pacte : « Trois risques pour l’entreprise »

Christian Nouel et Jean-Baptiste Danet, responsables d’associations d’entreprises, s’inquiètent dans une tribune au « Monde » de voir une réécriture du statut de l’entreprise devenir le vecteur de contentieux juridiques et de contraintes administratives.

Dans quelques semaines sera déposé au Parlement le projet de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) qui devrait proposer une modification de l’article 1833 du code civil, commandant à l’entreprise d’être responsable vis-à-vis de la société.

Pour les entrepreneurs, ce débat est délicat : s’ils s’opposent directement à ce changement en expliquant que l’entreprise n’a pas une vocation d’intérêt général, on les accusera de protéger leurs seuls intérêts financiers. S’ils argumentent que leurs entreprises ont déjà une contribution sociale, au sens large, et que ce changement est inutile, on leur reprochera de porter une vision conservatrice de leurs intérêts…

Les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises, très concernés par l’impact sociétal de leurs activités, ne peuvent donc que soutenir cette réforme.

La responsabilité sociale vectrice de croissance

D’une part, ils ont parfaitement conscience de devoir répondre aux attentes de nombreuses parties prenantes : les consommateurs – 73 % des « millenials » acceptent de payer plus cher un produit ou un service « responsable » ; les collaborateurs – qui souhaitent concilier qualité de vie et travail et donner du sens à leur engagement au sein de leur entreprise ; les investisseurs – soucieux de pérennité, dont les investissements dits responsables représentaient en 2016 plus de 25 % des actifs sous gestion.

D’autre part, les entrepreneurs et dirigeants d’entreprises sont convaincus que la responsabilité sociale est vectrice de croissance et créatrice de valeur durable de long terme. Plus responsable, leurs entreprises accèdent à de nouveaux modèles économiques et à de nouveaux marchés, liés à la poursuite des dix-sept « objectifs de développement durable » des Nations unies.
Ils peuvent mieux prévenir les risques et constituent un puissant moteur d’innovation. Ils permettent de valoriser les marques, de consolider les relations de confiance avec leurs parties prenantes, les pouvoirs publics ou leurs clients, et d’améliorer leur attractivité. Bref, d’initier des modèles vertueux créateurs de valeur partagée où se concilient différents objectifs.

Soutenir cette réforme est naturel pour la Fondation Croissance responsable et CroissancePlus, qui militent depuis des années pour le partage des fruits de la croissance. Mais notre rôle est également d’alerter sur les risques qu’elle pourrait entraîner, et qu’il convient d’éviter.

L’Etat ne doit pas abandonner ses missions

Premier risque, faire de ces nouvelles obligations un fardeau supplémentaire qui pénalise les dynamiques de croissance des entreprises. Il ne s’agit pas de favoriser des objectifs de bien commun au détriment des performances économiques, mais bien de les concilier.

Second risque, que ce changement soit source de contentieux. Rien n’est pire que l’aléa administratif ou judiciaire pour les entreprises, a fortiori pour les start-up. Il est normal que les entrepreneurs s’inquiètent de l’appréciation de la réalité de leur entreprise qu’un juge serait susceptible de faire. Comment éviter une multiplication de contentieux, si l’on envisage par exemple que tout activiste pourrait attaquer une entreprise devant les tribunaux, en jugeant qu’elle n’en fait de toute façon jamais assez ? Les juges auraient-ils alors les moyens et les compétences d’apprécier une telle situation, où s’opposent des points de vue subjectifs ?
Enfin, dernier risque, cette réforme ne doit pas amener l’Etat à abandonner ses missions en les transférant aux entreprises : l’intégration des performances sociétales dans leur modèle économique ne se confond pas avec la poursuite de l’intérêt général.

Nous sommes d’accord pour reconnaître le rôle élargi de nos entreprises, dans l’intérêt collectif. Mais il serait contre-productif que cela ne crée de nouvelles contraintes ou obligations qui, pénalisant leurs performances et leur capacité de croissance, aboutiraient à une impasse : échouer économiquement, et être en incapacité de promouvoir leur contribution positive à la société.

Echanges avec Amélie de Montchalin sur le financement des entreprises

Vendredi 18 mai, Amélie de Montchalin, Députée LREM de l’Essonne, est venue à la rencontre des entrepreneurs de CroissancePlus pour échanger avec eux sur les mesures de la prochaine loi PACTE, et en particulier sur le financement des entreprises.

Amélie de Montchalin a évoqué son parcours professionnel et est revenue sur sa première année comme députée. Sa mobilisation sur les sujets économiques et financiers, au sein de la commission des Finances, en particulier pendant l’examen du budget, lui a donné une forte légitimité. Elle a d’ailleurs été désignée « députée de l’année 2017 » par le jury du Trombinoscope.

Les entrepreneurs de CroissancePlus lui ont présenté leurs propositions pour faciliter le financement des entreprises : rendre la Bourse plus accessible aux PME ; moderniser le PEA-PME ; assouplir les contraintes règlementaires pesant sur les nouveaux outils de financement ; développer le crédit inter-entreprises. Amélie de Montchalin nous a fait partager ses idées pour rapprocher les français du financement de l’économie, et les entrepreneurs des outils de financement adaptés à leurs besoins.

La Matinale a également permis d’échanger sur la réforme du « pacte Dutreil » (transmission d’entreprise), sur l’objet social de l’entreprise ou encore sur la baisse des dépenses publiques.

Les entrepreneurs de CroissancePlus ont rappelé le besoin de mesures audacieuses et efficaces pour faire grandir les entreprises et accompagner la croissance et l’emploi.

 

Tribune Les Echos: « Se former / bouger : les clés du retour à l’emploi ! »

Depuis un an, la nouvelle majorité met en œuvre un programme pragmatique dont les principes semblent simples : faire confiance aux entrepreneurs pour développer l’économie ; lever les freins qu’un amoncèlement de textes et de règlementations ont créés au fil du temps afin de réduire les rentes et redonner le goût du risque ; veiller à ce que les fruits de la croissance retrouvée soient équitablement distribués.

Cet engagement est celui des entrepreneurs de CroissancePlus. Créateurs de projets ayant placé le juste partage des richesses créées au cœur de leur pacte associatif, ils se mobilisent pour que le desserrement des contraintes libère enfin tout le potentiel de croissance des entreprises.

Parmi les principaux défis, la formation est la mère de toutes les batailles. Face aux enjeux de la mobilité géographique et de l’innovation numérique, donnons à chacun la capacité d’acquérir les connaissances utiles à l’emploi, mais aussi la faculté d’évoluer et de rester en phase avec les besoins de l’économie…

 

Retrouvez l’intégralité de la tribune sur le site des Echos

CroissancePlus salue un projet de loi pragmatique qui répond aux défis économiques de demain

Muriel Pénicaud a présenté ce matin en Conseil des Ministres le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel ».

Pour les entrepreneurs de CroissancePlus, la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle est « la mère des réformes ».

1,3 million de jeunes ne sont ni à l’école, ni à l’université, ni en apprentissage, ni en emploi.

Seul 1 salarié sur 2 bénéficie de la formation professionnelle.

50% des emplois seront transformés d’ici 10 ans.

La réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle est donc la « clé » pour associer les entreprises à l’accompagnement des talents et répondre aux enjeux économiques et sociétaux dans un monde en transformation.

Les mesures du projet de loi rejoignent les propositions portées par CroissancePlus issues des problématiques rencontrées par nos entrepreneurs :

  • allègement des contraintes (rythme et durée de l’apprentissage)
  • implication des entreprises pour rénover le contenu des diplômes et des formations
  • transformation du CPF en euros
  • rationalisation des cotisations versées par les entreprises
  • simplification de l’organisation de la formation professionnelle
  • développement de l’innovation pédagogique (e-learning)
  • plus de liberté et de transparence pour les salariés

 

CroissancePlus espère que les débats au Parlement permettront d’enrichir le projet de loi sans perdre sa philosophie. Les entreprises, les salariés et les jeunes doivent être au cœur du nouveau dispositif. Les entrepreneurs ont besoin d’une réforme pragmatique mise rapidement en application.

 Pour Jean-Baptiste Danet, Président de CroissancePlus : « Les mesures présentées par le Gouvernement démontrent une réelle compréhension des enjeux de l’apprentissage et de la formation professionnelle. Cette réforme est essentielle pour répondre aux besoins économiques, créer des emplois et réconcilier la société civile avec l’entreprise au nom de l’intérêt commun. Elle doit être menée efficacement pour offrir aux générations futures un monde à la hauteur de notre ambition pour notre pays. »

 

Contact presse : Isabelle d’Halluin Communication 06 03 00 88 48 / idhalluinpresse@gmail.com http://www.croissanceplus.com

Direction des Affaires publiques CroissancePlus : 01 56 88 56 22

Premier réseau français des entrepreneurs de croissance créé en 1997, CroissancePlus se veut force de propositions et d’influence auprès des pouvoirs publics et leaders d’opinion pour favoriser la croissance des entreprises et la création d’emplois en France.

 

Retrouvez le CP en PDF en cliquant ici

CP CroissancePlus PL Penicaud 27 04 2018

 

Grand dîner-débat avec Muriel Pénicaud, Ministre du travail

Muriel Pénicaud, Ministre du Travail, était l’invitée d’honneur du dîner-débat de CroissancePlus du 25 avril, pour échanger sur la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle.

Après les « ordonnances Travail » qui ont simplifié le droit du travail et avant le projet de loi « PACTE » qui doit donner aux entreprises les moyens de grandir et de gagner en compétitivité, cette réforme est « la mère des réformes ». Elle doit faire se rencontrer les entreprises et les compétences. Elle doit donner un avenir aux jeunes et aux personnes les moins qualifiées. Elle doit permettre l’adaptation des formations aux nouveaux défis économiques.

De nombreuses questions ont été posées à la Ministre pour qu’elle explique les modalités de la réforme et pour rappeler le besoin de simplification tant attendu par les entreprises.

Muriel Pénicaud a salué « l’énergie » de CroissancePlus et les valeurs portées par l’association, comme le partage des fruits de la croissance. Les entrepreneurs de CroissancePlus ont particulièrement apprécié son franc-parler et son pragmatisme.

Décideurs Magazine : bilan de l’année, les positions de CroissancePlus

Jean-Baptiste Danet, président de CroissancePlus, dresse le bilan de l’année et revient sur les grandes réformes du gouvernement, détaillant les enjeux économiques et sociaux des chefs d’entreprise en France.

Décideurs.Vous êtes président de CroissancePlus depuis près de deux ans. Quel bilan faites-vous de votre mandat à ce jour ?

Jean-Baptiste Danet. Nous avons assisté à l’élection d’un président réformateur. Ce dernier a été élu grâce à un programme et des convictions peu entendues jusqu’alors. Parallèlement, le renouvellement du Parlement composé d’une majorité forte est survenu avec l’arrivée de plus de cent vingt députés n’ayant jamais été élus auparavant. Notre rôle au-delà d’animer notre réseau d’entrepreneurs, consiste notamment à émettre des propositions concrètes, issues du vécu des entrepreneurs de terrain pour la croissance et l’emploi. Nous avons ainsi publié en janvier « Le sens des réformes », complément de « l’Urgence de la Réforme » qui relate nos soixante-dix propositions pour la croissance et l’emploi que nous avions transmises aux candidats à la présidentielles. Sur nos soixante-dix propositions, environ trente-cinq ont été adoptées ou reprises en partie. La première année a donc consisté à faire connaitre nos propositions auprès des parlementaires. Toutes ces réformes sont la traduction d’une remise à niveau pour que l’entreprise se développe en France. En revanche, elles ne constituent pas le changement radical qui donnerait au pays de l’avance sur la liberté d’entreprendre et sur le rôle de l’entreprise dans la société. Nous attendons de la loi PACTE de nouvelles réformes qui répondront à ces problématiques.

 

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CP: CroissancePlus se réjouit de l’annonce du Président de la République pour un meilleur partage des fruits de la croissance

Le Président de la République a annoncé la suppression du forfait social pour les entreprises de moins de 250 salariés à compter du 1er janvier 2019.

CroissancePlus se réjouit de cette annonce qui va au-delà des propositions formulées par ses entrepreneurs dans « l’Urgence de la Réforme », il y a plus d’un an.

Le partage des fruits de la croissance est un sujet majeur de réconciliation à l’intérieur de l’entreprise. La future loi « PACTE » doit être l’occasion de développer les dispositifs d’actionnariat salarié qu’il s’agisse d’intéressement, de participation ou d’actions gratuites.

Pour Jean-Baptiste Danet, Président de CroissancePlus : « partager les fruits de la croissance est au cœur des valeurs de CroissancePlus. L’annonce faite par le Président de la République de supprimer le forfait social sur l’intéressement est un signal fort largement approuvé par les entrepreneurs de croissance »

Contact presse : Isabelle d’Halluin communication 06 03 00 88 48 / idhalluinpresse@gmail.com

On parle du Spring Campus et des Scale-Up Awards 2018 dans la presse…

29 mars MADDYNESS  Interview exclusive des 5 lauréats du prix Scale-up awards Croissanceplus- KPMG-Gide sur  le thème « De la startup à la scaleup : les recettes gagnantes des entrepreneurs »

5 avril : FRANCE BLEU NORMANDIE : Jean-Baptiste Danet invité de la matinale

 

5 avril :  OUEST -FRANCE Interview de Jean-Baptiste Danet  « Les entrepreneurs de CroissancePlus refont le monde à Deauville »

5 avril : LE FIGARO. FR  Article sur le premier intervenant du Spring : « Quand Nicolas Sarkozy se livre, 10 ans après,  sur  la crise qui a secoué le monde en 2007 »

6 avril : LE FIGARO [page 6 édition papier] « Quand Sarkozy raconte sa crise financière »

5 avril LA DEPECHE DU MIDI   « Nicolas Sarkozy raconte sa crise à Deauville »

 

6 avril  CHEF D’ENTREPRISE « Scale-Up Awards 2018 : Ogury sacrée scale-up de l’année »

6 avril COMMUNIQUE CROISSANCEPLUS KPMG GIDE « Ogury élue Scale-Up de l’année par les entrepreneurs de CroissancePlus »

 

9 avril LES ECHOS STARTUP  « Avec sa technologie qui permet de cartographier les comportement d’un mobinaute …..  Ogury a tapé dans l’œil de CroissancePlus »

 

9 avril BFM BUSINESS François Bloch, Directeur général de KPMG et Jean Canzoneri  invités de l’émission Plus Grand Plus Fort animée par Stéphane Soumier pour décrire les atouts d’OGURY, élue Scale-Up de l’année par CroissancePlus, KPMG et le cabinet Gide

9 avril FLASH INFOS actualités des entreprises éditions Nord Pas de Calais-Picardie-Alsace-Lorraine-Franche-Comté « CroissancePlus a organisé son 10ème Spring Campus à Deauville »

 

9 avril ADN « La Start-up Ogury remporte les Scale-Up Awards 2018 »

Spring Campus 2018 J2 : Le corps et l’esprit.  

Spring. Jour 2.   Le corps et l’esprit.  
Par David Brunat

 

Une journée en mouvement ! On se jette à l’eau avec une ex championne de natation synchronisée, on consacre la fin de l’après-midi à des activités physiques à fleur d’écume, et on s’adonne toute la journée à de la gymnastique intellectuelle.

« L’eau et les rêves »
Ce titre d’un livre du philosophe Gaston Bachelard convient bien à Muriel Hermine, Socrate en mode aquatique « Connais-toi toi-même ! », nous enjoint-elle.
Après la joute intellectuelle d’hier entre le philosophe et le rabbin, place à des histoires d’eau, à des récits d’exploits du corps et de l’esprit, à des leçons existentielles sur les vertus de l’échec surmonté. Et même à des réflexions sur le divin dans les bassins : « Et Dieu dans tout ça ? ».
Le sport est un dialogue avec soi-même. Une école de vie, de courage, de confiance. Une ascèse, un sacerdoce.

Très touchante, émouvante et émotive, Muriel nous invite à nous transcender, à rêver, à être ce que nous sommes, pas à nager en eaux troubles. A refaire surface après avoir touché le fond. A rebondir après avoir bu la tasse. Au prix d’un travail sans relâche ; d’un effort d’intelligence sur soi-même et sur les autres ; et peut-être aussi d’une capacité à se raconter, tant l’art de se dire aide à faire. Vertus d’un storytelling bien ficelé  qui a conduit notre nageuse à s’immerger dans l’humanitaire et à se plonger dans le coaching.

Muriel cite Ghandi et Mandela, mais on pense en l’écoutant à des philosophes qui ont réconcilié la tête et les jambes. Voyez Albert Camus : « Tout ce que je sais de plus sûr sur la morale et les obligations des hommes, c’est au football que je le dois. »
Bref, une force tranquille que notre intervenante. Et une force qui dure ! A 50 ans, Muriel s’est offert une médaille d’or.

Réactions des participants :
« Douceur très émouvante. » « Elle force l’admiration par son courage et sa capacité de remise en question. » « Très inspirante ! Elle fait passer beaucoup d’émotion. »  « C’est génial d’aller de métier en métier comme elle l’a fait ». « J’ai été frappée par son art du rebond et par la façon dont elle en parle. Gagner un titre mondial à 50 ans, c’est dingue ! »

Après la natation synchronisée, voici la mondialisation désynchronisée. Après les rêves éveillés, les désillusions avivées. Dominique David dresse le portrait d’un monde déboussolé, instable, éclaté, vacillant. Les vieux modèles prennent l’eau. Où est la bouée qui nous permettra de surnager et de garder pied dans cet océan de menaces et d’incertitudes ?

 

Le cœur à l’ouvrage
Le Cœur Artificiel. Une perspective formidable au service de la vie.
On retient son souffle – en savourant au passage la chance d’avoir un « palpitant » qui fonctionne ! – en écoutant le président de Carmat conter cette fabuleuse aventure, née en 2008, la même année que les Spring Campus. Jean-Claude Cadudal nous donne à voir une formidable saga médicale, industrielle et humaine.

Le cœur des patriotes bat pour cette initiative Made in France. Les entrepreneurs appellent de leurs vœux la mort clinique du principe de précaution, cet obstacle dirimant au développement de certaines des plus belles inventions françaises. Le génie français perdure : bon sang ne saurait mentir. Mais il ne faut pas relâcher ses efforts pour que Carmat carbure et prenne tout son essor. Le cœur a ses raisons que la raison – économique, juridique, technocratique, etc. – ne doit plus ignorer.

Après quoi, nous écoutons Antoine Sire. S’engager, voilà l’avenir. Le rôle social de l’entreprise n’est pas assez reconnu alors que l’entreprise est centrale dans la transformation de la société. Le mécénat de compétence illustre d’ailleurs le fait qu’un très grand nombre d’entrepreneurs et de salariés ont le cœur sur la main. Et la BNP n’est pas en reste avec la manière dont elle met en œuvre les 17 ODD de l’ONU. L’atout cœur de ce grand établissement de crédit ?

Pour clôturer les débats de la journée et avant de nous en donner à cœur joie sur la plage, nous accueillons le chercheur Gilles Herrada, qui a détecté 9 trajectoires de développement psychosocial, dont 5 font l’objet de son exposé : l’impulsif, le traditionnaliste, le rationaliste, le pluraliste, et, last but not least, le globaliste, son chouchou. Surtout si le globaliste est en mode EM (Elon Musk ou Emmanuel Macron).

Il nous parle de son « modèle TECTA ». Certains objecteront que Gilles Herrada établit des sociotypes taillés à la serpe ; d’autres souscriront à ses paradigmes épistémiques et se régaleront des 5 ou 50 nuances de la psyché humaine qu’il ausculte. D’autres enfin resteront sur leur faim : ils auraient peut-être aimé qu’on parle d’autres sociotypes bien connus dans nos entreprises : l’utopiste, l’optimiste, l’artiste, l’altruiste, ou encore – hélas … – le fumiste, l’absentéiste, etc.

Pour mettre tout le monde d’accord, une bonne citation. Tirée de L’attrape-cœurs de J.D. Salinger.  « L’homme qui manque de maturité veut mourir noblement pour une cause. L’homme qui a atteint la maturité veut vivre pour une cause. »  Haut les cœurs, amis entrepreneurs, amis d’une grande cause sociale et sociétale !

Spring Campus 2018 J1 : « L’idée est la mère de toutes les batailles » 

Spring Campus – Jour 1.    « L’idée est la mère de toutes les batailles » 
par David Brunat

 

C’est sur cette affirmation de Jean-Baptiste, amoureux de la vie des concepts, que s’ouvre le Spring Campus 2018. Un alléchant printemps des idées fleurit sous nos yeux …

Dans les coulisses de l’Histoire
Nous démarrons tambour battant. Pour cette dixième édition, retour dix ans en arrière ! Flashback trépidant au cœur de l’Histoire. Celle de la première crise du XXIe siècle. Nicolas Sarkozy va nous gratifier une heure et demi durant d’une plongée théâtrale au cœur du réacteur de la crise de 2007-2008. Une immersion frémissante, endiablée et décrite en des termes parfois fort peu diplomatiques malgré l’intitulé de son exposé (« retour sur la première crise financière et diplomatique du XXIe siècle »). Un morceau de bravoure, une dramaturgie haute en couleur qui a tenu tout le monde en haleine.

Mélange d’Alain Decaux, de brillant premier de la Commedia dell’arte et de pédagogue de la matière économique et financière, NS se révèle tel qu’en lui-même : drôle, mordant, truculent, ici grave, là primesautier, péremptoire parfois, amusé et amusant souvent, cabotin, adepte de la dérision et même (un peu) de l’autodérision. Verve, énergie, confidences à gogo, vacheries. Un feu d’artifice géopolitique. Kissinger en mode culbuto.

L’idée de base ? Le séisme boursier, bancaire et économique qui a éclaté au début de sa présidence a véritablement marqué l’entrée dans le XXIe siècle. Pour l’illustrer, notre acteur de l’Histoire et acteur tout court évoque … Downtown Abbey. Pas de XXe siècle avant la Première Guerre Mondiale, ou même le début des années 20. La chronologie des faits n’épouse pas forcément celle des dates les plus symboliques. Pareil pour le XXIe siècle. 2007, bienvenue dans le nouveau siècle !

Pas de chance pour le nouveau locataire de l’Elysée ? Au contraire ! Ca barde mais on se régale. « Tout sautait, on ne maîtrisait plus rien », s’exclame-t-il d’un air gourmand. La vie des gouvernants n’est pas un long fleuve tranquille, alors autant barrer par très gros temps. Et faire son possible pour sortir le monde du formidable maelstrom dans lequel la planète financière l’avait plongé, bien aidé il est vrai par certain(e)s politiques et certaines institutions internationales. Et notre présidentiel orateur de régler son compte au FMI, aux banques qui ont supplié les Etats de les aider après avoir joué les gros durs du libéralisme, au multilatéralisme atrophié de l’époque, où le G20 n’existait pas encore (et où il n’existe plus vraiment).

La crise rend possible le changement. C’est un mal pour un bien. Nietzsche disait que ce qui ne tue pas rend plus fort. N’en va-t-il pas de même avec les crises économiques ? Nicolas Nietzsche philosophe lui aussi à coups de marteaux. Il aime cogner. Malheur aux tièdes, aux mesurés, aux prudents. Il faut que ça déménage ! Le bonheur est dans l’action, dans le mouvement, dans les épreuves. Dans la crise et sa résolution.

En quelques traits rapides, il nous offre sa vision d’un monde mieux régulé avec, entre autres, une instance internationale compétente en matière macroéconomique. Et un G20 requinqué, « alors qu’il ne prend plus de décisions aujourd’hui ». Même vœu pour l’ONU, ringardisée, qui ressemble trop à feu la SDN par son incapacité à régler les problèmes.  Il reste à inventer l’ONU du 21e siècle. Vaste programme, mais ô combien nécessaire.

Et l’Europe, il faut aussi la secouer. La reconfigurer. Place à un FME, et à l’affirmation des poids lourds, France et Allemagne en tête, un couple qui demeure l’horizon indépassable du projet européen même si ce mariage n’est pas sans nuages ni crises passagères ; mais c’est la vie, celle des nations aussi bien que celle des individus.
NS insiste sur le fait que cette crise fut d’abord une crise de confiance. Et donc une crise totale puisque « la confiance, c’est tout ». Alain Peyrefitte l’avait dit, lui le martèle. Sans confiance, le capitalisme ne peut pas marcher. Point.

Au passage, les intellectuels et les économistes en auront pris pour leur grade. Trump aussi, jamais décevant dans le pire. La Turquie d’Erdogan itou. Et les journalistes qui cartonnent Poutine. Car l’affrontement Russie / Europe n’a aucun sens, c’est un contresens historique. Notre destin est lié à celui du grand frère russe. De Gaulle l’avait déjà dit : vive l’Europe de l’Atlantique à l’Oural. La maison commune, aurait ajouté Gorbatchev. Le gaulliste Sarkozy le répète, instruit par l’expérience. Et il sait, comme l’auteur du Fil de l’Epée, l’importance de l’autorité, du commandement, de l’art de la décision. Bref, du leadership, comme on ne disait pas encore à l’époque du Général. Un éloge en règle du chef !

Gaulliste aussi par son refus du déclin de la France, par sa volonté que le pays reste une jeune nation, et aussi par son talent de comédien qui s’y entend pour séduire et captiver son public. « Je vous ai compris », aurait-il pu nous dire. Il les comprend d’autant mieux, les entrepreneurs, qu’il est devenu un peu l’un d’eux, par ses responsabilités dans l’hôtellerie qu’il décrit avec émotion et humilité.
Bref, un grand moment, où nous avons été admis dans les coulisses de l’Histoire par un tribun hors pair. « Un show qui valait le détour », nous confie François-Xavier Bellamy après son débat avec le rabbin Yann Boissière. Bien résumé.

Quelques réactions des participants :
« Égal à lui-même … Passionné et passionnant ». « Toujours autant d’énergie à partager ». « Quel humour ». « Il a une vraie compétence des sujets, de vraies convictions. Et il est très pédagogue. »  « Plein de bon sens, pragmatique, et hilarant ». « Putain, quel showman ! »  « Sur la forme, il est hors normes. »    N’en jetez plus !

Guérir le cancer de l’enfant
Hommes et femmes de cœur et de bonne volonté, les entrepreneurs de CroissancePlus sauront répondre à l’appel à mobilisation de Frédéric Lemos pour la lutte contre le cancer de l’enfant. Le rôle social de l’entreprise passe aussi par le soutien à de grandes causes sociétales et humanitaires.

Le philosophe et le religieux
Après la pensée toute en nerfs, en coups de poing et en saillies de l’ancien Président de la République, place à la parole croisée et posée de deux intellectuels de haut vol. Impossible de résumer leur dialogue plein de nuance et de connivence : ce serait faire insulte à la richesse et à la subtilité des propos échangés et à la profondeur des concepts proposés. Ainsi, par exemple, de l’inter-convictionnalité, notion promue par Yann Boissière.
L’entreprise est un lieu de culture et de transmission. Une instance qui mixe les lettres et les chiffres, assume un héritage en dessinant un avenir, nous relie aux autres, donne corps au désir du commun.

Aucun doute sur le fait que l’entreprise donne du sens à mesure de son utilité. Aucun doute non plus sur le fait qu’elle doit également être un lieu de parole : parole dite, parole échangée, partagée, discutée, éventuellement critiquée, mais en tout cas libérée. L’homme est un être de parole. L’entreprise aussi, à sa façon. On y parle, on s’y parle, on mesure le sens des mots et pas seulement le poids des chiffres. Ou du moins, on devrait.
Message très fort, donc : pour faire sens et pour faire lien, l’entreprise doit savoir organiser la parole. Et apprendre à respecter la parole de l’autre, donc à écouter. « Bien écouter, c’est déjà presque répondre », disait Marivaux. A méditer. On parle beaucoup par les temps qui courent de « l’entreprise libérée ». Cette libération, si libération il y a, passe par celle de la parole.
Etre un chef (politique ou d’entreprise), c’est d’abord prendre la parole, la risquer, s’exposer par ses mots. Mais non point s’imposer par ses seuls mots à soi. Vivre ensemble, faire ensemble, exige une espèce de partage langagier, de creuset sémantique commun. Gare au risque d’aphasie ou de parole muselée ou démonétisée en entreprise !

Nos deux intervenants ont souligné l’importance de la parole, du verbe – et du Verbe avec un grand V pour l’homme de foi ! – ; ils nous ont rappelé que nous sommes tous des êtres de paroles, mais aussi que la parole est une denrée première des entreprises. Et ils l’ont fait avec des mots choisis et une aisance oratoire qui a frappé nos esprits. Clarté des idées, choix des termes, précision argumentative : un bel exercice de style, cristallin et aérien, au service d’une puissante démonstration humaniste.

Sans oublier la question de l’écrit, de la parole écrite. Et de cette singulière mode excluante qu’est l’écriture inclusive, renvoyée dans ses buts par un François-Xavier Bellamy très remonté contre cette barbarie à la fois post-moderne et arriérée.
Mais nul ne sait ce qu’a pensé de tout cela le chat du rabbin …
Qui sortira peut-être de son silence pour câliner les vainqueurs des scale-up awards, bravo à Ogury et Younited Credit, et aux autres valeureux finalistes. Ainsi qu’à ATF Groupe, exemplaire dans sa mission sociétale au travers de sa démarche en faveur du handicap.  Et si l’avenir appartenait aux entreprises qui ont du cœur ?