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EDITO: Pour un CDI agile

Interview réalisée par Patrice MOYON et publiée dans Ouest France le 31 mai 2017.

L’association d’entrepreneurs CroissancePlus envoie aux candidats aux législatives ses propositions pour l’économie. Explications avec son président Jean-Baptiste Danet.

Les entreprises abusent des CDD. Ça vous choque ?

Le recours abusif aux CDD dans certaines entreprises n’est pas acceptable. Il maintient trop de Français dans la précarité. Il est très difficile pour un salarié en CDD de se loger ou de souscrire un emprunt.

Quelles sont vos propositions ?

Le Code du travail est « atteint d’obésité » pour reprendre la formule de Robert Badinter. Avec 8 000 articles contre 600 en 1974, il est urgent de le réformer. Il faut aussi continuer à baisser les charges et améliorer notre système de formation. Entre 500 000 et 600 000 emplois ne sont pas pourvus. Et ce ne sont pas que des emplois non qualifiés. Toutes ces propositions vont être adressées aux candidats aux législatives.

Faut-il interdire le recours aux CDD ?

Non. Mais il faut les cantonner à ce qui était leur rôle au départ : permettre aux entreprises de faire face à un surcroît d’activité ou au remplacement d’une personne absente. Pour le reste, nous proposons un CDI agile. Les deux parties: salarié et employeur s’engagent sur un contrat à durée indéterminée avec des objectifs mesurables et atteignables. On ferait ainsi sauter un frein à l’embauche. L’entreprise gagnerait aussi en visibilité avec des motifs de rupture qui ne pourront plus requalifiés ou invalidés par le juge.

L’entreprise n’est pas qu’un lieu de conflit ?

À CroissancePlus, qui représente 400 PME et ETI, et pas loin de 200 000 emplois, nous pensons même que c’est le dernier endroit où on peut réconcilier les gens. C’est un endroit d’échange et de culture, un lieu de vie. Nous devons sortir d’un dos à dos stérile. Prenez la pénibilité, c’est une vraie question. On en parle à travers les métiers. Qu’est-ce que vous faites du burn-out ? C’est un sujet à reprendre.

Parmi les propositions faites par CroissancePlus

Un barème unique de cotisations patronales. CroissancePlus propose de créer un barème unique de cotisations patronales progressif en fonction du niveau de salaire. Ce barème intégrerait à la fois les allègements généraux Fillon jusqu’à 1,6 Smic, le CICE de 1,6 à 2,5 Smic ainsi que les réductions de cotisations familailes du pacte de responsabilité jusqu’à 3,5 Smic. Au-delà de 3,5 Smic, le taux de cotisation redeviendrait proportionnel. CroissancePlus est aussi favorable au maintien du CICE et à la réduction des cotisations sociales salariales de 2,6 points sur l’ensemble de l’échelle des salaires. Une mesure financée par une hausse de 1,2 point de CSG.

Réorienter la formation professionnelle. 60% des métiers qui seront exercés en 2030 n’existent pas encore actuellement observe CroissancePlus qui plaide pour un accord interprofessionnel pour déterminer dans chaque branche les modalités d’adaptation du plan de formation de l’employeur aux nouvelles compétences transverses exigées par la numérisation de l’économie.

Faciliter la mobilité. Les personnes peu qualifiées peinent à changer de région ou de métier. le 1% logement pourrait être attribué aux personnes contraintes de déménager? Trois mois d’indemnisation complémentaire de chômage pourraient être accordés pour couvrir les surcoûts liés une mobilité.

Limiter le nombre de mandats. « Le syndicalisme n’est pas une profession », observe Jean-Baptiste Danet qui, avec CroissancePlus propose de limiter à deux, les mandats syndicaux successifs exercés par un salarié. Avec l’objectif de les obliger, en cours de mandat, « à passer au moins 50% de temps de travail effectif dans l’entreprise ».

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