Pour Jean-Baptiste Danet, président de CroissancePlus, le temps des réformes a bien sonné mais il doit aussi s’accélérer pour rendre l’économie française plus compétitive.

Les entreprises françaises vivent-elles un véritable retournement depuis un an ?

Il y a dans ce pays un réel retournement En fait, on perçoit une réelle ambition de libérer l’entreprise et de placer l’entreprise au cœur du réacteur de l’économie française. On le voit vrai ment depuis la fin de l’année dernière. Notamment avec les réformes sur le Code du travail et les récentes réformes sur la formation professionnelle et l’apprentissage. Cela démontre une réelle compréhension des besoins de l’entreprise pour évoluer et créer de l’emploi.

Qu’attendez-vous encore du gouvernement ?

Il y a encore énormément d’attente de la part des chefs d’entreprise. Dans le projet de la loi Pacte (1), il reste encore des points à régler. Le premier concerne un assouplissement supplémentaire des seuils dans les entreprises Ils restent encore des contraintes qui pèsent sur les petites et les moyennes entreprises. Le seuil à 50 salariés est le plus critique car nombre d’entreprises n’osent pas le dépasser De plus, nous attendons des avancées du côté des transmissions d’entreprises et le pacte des associés. Cela touche non seulement la transmission mais aussi le financement des entreprises. Enfin, la France reste un des seuls pays a avoir une taxe sur sa production avant même de dégager le moindre bénéfice. Or ces taxes doivent être revues car elles sont archaïques Leur mode de calcul n a pas suivi révolution de l’économie. Nous proposons d’ajouter cette taxe a l’intérieur de l’impôt sur les sociétés Cela aurait un impact très positif sur le compte de résultat de nos entreprises et aussi en termes d’attractivité auprès d’investisseurs étrangers.

Que dites-vous aux personnes qui s’opposent actuellement à ces réformes ?

Face aux opposants à ces reformes, je dis que seule l’entreprise est capable de réconcilier la société. Ne luttons pas contre l’entreprise mais accompagnons-la ! Ce débat mettant dos à dos l’entreprise et la société civile est complètement obsolète et il faut vite en sortir. Pour la SNCF, elle ne peut pas entrer dans un environnement concurrentiel si elle ne se réforme pas. Survivre ne peut pas être un objectif fiable et notamment pour la SNCF. Nous saluons d’abord cette volonté de réformes mais il faut bien se rendre compte qu’il s’agit pour le moment d’une remise à niveau pour nous rendre plus compétitif au niveau européen au moins II faut donc accélérer ce train de reformes pour être plus performant.

(1) Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises