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1er réseau d'entrepreneurs de croissance

engagés pour libérer l'économie et favoriser la croissance des entreprises

« La France est de retour » : va-t-elle prendre de l’avance ?

En février 2017, CroissancePlus interpellait les candidats à la présidentielle avec « L’urgence de la réforme ». Un an plus tard, les entrepreneurs de l’association publient un rapport intitulé « Le sens des réformes » : une réflexion sur la modernisation de la France et un état des lieux des six premiers mois de gouvernance d’Emmanuel Macron. Décryptage.

Des réformes ont été faites. Certaines réformes ont été faites de façon très favorable pour les entreprises, notamment par les ordonnances travail et les mesures fiscales du Projet de loi de finances (PLF). Des réformes sans précédent qui ne doivent pas pour autant s’arrêter là, car le besoin de transformation structurelle du pays est, lui aussi, sans précédent. Une transformation sera favorable au développement des entreprises comme aux équilibres sociaux.

Des réformes à accentuer davantage

Bien que les ordonnances travail apportent des changements positifs, deux axes de réforme n’ont malheureusement pas été abordés. Le premier est celui des seuils : en effet, la concentration des  changements à partir de 50 collaborateurs est un élément de rigidité et de contrainte majeure. Le second est relatif aux mandats syndicaux, pour lesquels CroissancePlus réclame la limitation à deux mandats et un temps de travail minimal dans l’entreprise à hauteur de 50 %. Concernant le PLF, la logique d’investissement doit être poussée plus loin : l’épargne des Français doit être orientée vers l’investissement des entreprises … et non vers le financement de la dette publique.

Des enjeux majeurs à traiter

Si les premières réformes ont permis de remettre la France à niveau, il conviendrait désormais de prendre de l’avance. À cette fin, CroissancePlus articule ses propositions autour de cinq thématiques :

  • la formation et l’apprentissage dirigés vers l’emploi
  • un bon équilibre dans le partage de la valeur
  • la croissance de l’entreprise en phase de transmission
  • une Europe numérique dans le but de préserver la souveraineté du pays
  • un renouvellement des outils du financement des entreprises

Les réformes sur le financement et l’apprentissage vues par :

Guillaume Richard – Dirigeant du groupe Oui Care et membre du comité directeur de CroissancePlus

Parmi les 20 propositions formulées par le gouvernement, un grand nombre d’entre elles sont issues des réflexions de CroissancePlus pour la modernisation de la France. Il s’agit notamment de certaines mesures de simplification comme l’assouplissement de la durée du travail ou des prépa-apprentissages pour permettre à des jeunes de disposer des prérequis nécessaires en termes de savoirs de base et de savoir-être. Par contre, certaines choses ne vont pas assez loin et nous interrogent. Que penser de cette mesure qui lie la rémunération à l’âge et non au diplôme suivi ? Ainsi, la rémunération minimale d’un jeune de 25 ans qui suit un CAP d’employé familial polyvalent est la même que celle d’un master 2 en école de commerce ! De même, on va devoir payer des personnes au niveau du Smic alors qu’elles ne seront dans l’entreprise qu’à deux tiers-temps. Parfois aussi cher qu’un diplômé à temps plein… Notre demande est forte : le salaire doit uniquement être fonction du diplôme suivi et du temps passé dans l’entreprise.

Une autre proposition nous semble fondamentale et elle n’a pas été reprise par le gouvernement : favoriser le e-learning. Non seulement c’est moins cher, plus efficace et plus ludique, mais le e-learning permettrait également de désenclaver des formations et des apprentissages. Il faut bien comprendre que notre combat n’est pas catégoriel et qu’il n’est pas mené dans l’intérêt des seules entreprises. C’est un enjeu de modernité et d’efficacité !

Côme Morgain – Associé Sevenstones et membre du comité directeur de CroissancePlus

Pour la commission financement, le constat est depuis les élections présidentielles globalement positif. Il s’agirait néanmoins d’aller encore un peu plus vite et plus loin dans cette volonté de modernisation. En matière d’accès au financement, la France reste un pays de réglementations, de seuils, de plafonds, de blocages. Pour créer un environnement favorable à la croissance, nous souhaitons des règles simples et efficaces qui privilégient le risque contre la rente.

L’objectif de la commission financement est de faire bouger tout ça, c’est-à-dire de faire travailler ensemble les acteurs du financement : les instances régulatrices, les banques traditionnelles, les plateformes de financement, les entreprises et les particuliers. Nous pensons que les plateformes sont un bon outil pour rediriger l’épargne. Il faudrait que la réglementation s’adapte maintenant plus vite que les technologies ! Le cadre doit certes exister, mais il doit être suffisamment souple et assez simple. Autre exemple pour le crédit interentreprises : le lien économique inscrit dans la loi doit disparaître.

En France, les gens veulent investir et savent investir, alors cassons les plafonds et libérons les initiatives ! Le but n’est en aucun cas de contourner la réglementation, mais bien d’inventer un cadre réglementaire qui permettrait à tous – chaque partie, avec ses contraintes propres – d’agir.

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