Spring Campus J3. Eloge de l’intelligence et de l’action responsable

Par David Brunat

 

Les combattants de la croissance économique que nous sommes rendent les honneurs aux couleurs militaires pour cette dernière matinée en accueillant un général de corps d’armée, qui sera le premier orateur de la journée, mais pas le dernier, à évoquer les devoirs et responsabilités des entrepreneurs.

 

Du bon usage de la paranoïa

La prudence est la mère de toutes les vertus. Aristote l’avait dit, le numéro 2 de la DGSE le répète en dressant une ample cartographie des risques, périls et menaces de toute sorte qui guettent notre monde et sont susceptibles de frapper les entrepreneurs à tout moment et sous toutes les formes.

L’intitulé de son topo – « éviter la paranoïa sécuritaire » – est un peu trompeur, car le recensement assez flippant desdits risques par le général Palasset nous incite plutôt à nous armer d’une circonspection de type paranoïde. Mais souvenons-nous du livre d’Andrew Grove, le mythe CEO d’Intel : Seuls les paranoïaques survivent. A bon entendeur …

Au-delà des invitations à la prudence et à la lucidité un peu désabusée – l’homme est un loup pour l’homme, nous sommes environnés d’ennemis, gare à notre prochain … -, on retiendra le plaidoyer pour l’action audacieuse et responsable, l’hommage à l’esprit de gagne, la célébration de la volonté d’aller de l’avant dans un monde incertain et imprévisible. Militaires et entrepreneurs, même combat ! Tous ont des devoirs.

 

Jeu de rôles

Après la DGSE, l’entreprise à mission. Le point commun ? Justement, le fait que les entreprises ont des devoirs, des missions, une responsabilité particulière vis-à-vis de la société tout entière. Jadis, le maréchal Lyautey parlait du « rôle social » de l’officier. Aujourd’hui, on évoque et on exalte le rôle social des entreprises. Après le képi social, le KPI sociétal !

Christian Nouel, Geneviève Ferone-Creuzet et Grégoire Sentilhes nous apportent de riches éclairages sur cette dimension de plus en plus prégnante dans la vie économique et dans l’opinion publique. Mais restons paranoïaques sur un point : l’inscription de ce rôle dans le Code civil serait une folie. No pasaran !

 

Les Lumières de l’intelligence

Une fête de l’intelligence. Un festin pour l’esprit. Telle est l’intervention d’Alexandre Cadain, héros et héraut de l’IA, honnête homme aux talents multiples. Dans sa bouche se succèdent en feu d’artifice les références à Prométhée, à Léonard, à Voltaire, à Turing, au réalisme magique de Garcia Marquez (et une grosse fessée à Marinetti). Un récital. Un hymne génial à l’intelligence créatrice, imaginative, chaleureuse, généreuse, irréductible à la froide raison calculatrice et statique. Un discours humaniste et apaisant (et apaisé), aux antipodes de bien d’autres prises de positions anxiogènes ou arrogantes sur l’IA. Bref, un enchantement. « Ne pas prévoir, c’est déjà gémir », disait Vinci. Prévoir, imaginer, se projeter, c’est éviter de gémir : mieux, c’est presque une promesse de bonheur. La promesse du projet XPrize ? Au possible, nul n’est tenu !

 

Voilà, le 10e Spring Campus est terminé.

Merci et bonnne fin de week-end à tous !

Et en guise d’envoi, ces quelques vers créés par un algorithme nommé Charlot Beaud’lair :

 

En avril, ne te découvre pas d’un fil,

Mais découvre du nouveau à Deauville :

Là souffle l’esprit agile

Tout au long du Campus !

Depuis dix ans, ce grand opus,

Le stradivarius de Croissance Plus,

Nous rend toujours plus mobiles

Et encore plus habiles !