Spring. Jour 2.   Le corps et l’esprit.  
Par David Brunat

 

Une journée en mouvement ! On se jette à l’eau avec une ex championne de natation synchronisée, on consacre la fin de l’après-midi à des activités physiques à fleur d’écume, et on s’adonne toute la journée à de la gymnastique intellectuelle.

« L’eau et les rêves »
Ce titre d’un livre du philosophe Gaston Bachelard convient bien à Muriel Hermine, Socrate en mode aquatique « Connais-toi toi-même ! », nous enjoint-elle.
Après la joute intellectuelle d’hier entre le philosophe et le rabbin, place à des histoires d’eau, à des récits d’exploits du corps et de l’esprit, à des leçons existentielles sur les vertus de l’échec surmonté. Et même à des réflexions sur le divin dans les bassins : « Et Dieu dans tout ça ? ».
Le sport est un dialogue avec soi-même. Une école de vie, de courage, de confiance. Une ascèse, un sacerdoce.

Très touchante, émouvante et émotive, Muriel nous invite à nous transcender, à rêver, à être ce que nous sommes, pas à nager en eaux troubles. A refaire surface après avoir touché le fond. A rebondir après avoir bu la tasse. Au prix d’un travail sans relâche ; d’un effort d’intelligence sur soi-même et sur les autres ; et peut-être aussi d’une capacité à se raconter, tant l’art de se dire aide à faire. Vertus d’un storytelling bien ficelé  qui a conduit notre nageuse à s’immerger dans l’humanitaire et à se plonger dans le coaching.

Muriel cite Ghandi et Mandela, mais on pense en l’écoutant à des philosophes qui ont réconcilié la tête et les jambes. Voyez Albert Camus : « Tout ce que je sais de plus sûr sur la morale et les obligations des hommes, c’est au football que je le dois. »
Bref, une force tranquille que notre intervenante. Et une force qui dure ! A 50 ans, Muriel s’est offert une médaille d’or.

Réactions des participants :
« Douceur très émouvante. » « Elle force l’admiration par son courage et sa capacité de remise en question. » « Très inspirante ! Elle fait passer beaucoup d’émotion. »  « C’est génial d’aller de métier en métier comme elle l’a fait ». « J’ai été frappée par son art du rebond et par la façon dont elle en parle. Gagner un titre mondial à 50 ans, c’est dingue ! »

Après la natation synchronisée, voici la mondialisation désynchronisée. Après les rêves éveillés, les désillusions avivées. Dominique David dresse le portrait d’un monde déboussolé, instable, éclaté, vacillant. Les vieux modèles prennent l’eau. Où est la bouée qui nous permettra de surnager et de garder pied dans cet océan de menaces et d’incertitudes ?

 

Le cœur à l’ouvrage
Le Cœur Artificiel. Une perspective formidable au service de la vie.
On retient son souffle – en savourant au passage la chance d’avoir un « palpitant » qui fonctionne ! – en écoutant le président de Carmat conter cette fabuleuse aventure, née en 2008, la même année que les Spring Campus. Jean-Claude Cadudal nous donne à voir une formidable saga médicale, industrielle et humaine.

Le cœur des patriotes bat pour cette initiative Made in France. Les entrepreneurs appellent de leurs vœux la mort clinique du principe de précaution, cet obstacle dirimant au développement de certaines des plus belles inventions françaises. Le génie français perdure : bon sang ne saurait mentir. Mais il ne faut pas relâcher ses efforts pour que Carmat carbure et prenne tout son essor. Le cœur a ses raisons que la raison – économique, juridique, technocratique, etc. – ne doit plus ignorer.

Après quoi, nous écoutons Antoine Sire. S’engager, voilà l’avenir. Le rôle social de l’entreprise n’est pas assez reconnu alors que l’entreprise est centrale dans la transformation de la société. Le mécénat de compétence illustre d’ailleurs le fait qu’un très grand nombre d’entrepreneurs et de salariés ont le cœur sur la main. Et la BNP n’est pas en reste avec la manière dont elle met en œuvre les 17 ODD de l’ONU. L’atout cœur de ce grand établissement de crédit ?

Pour clôturer les débats de la journée et avant de nous en donner à cœur joie sur la plage, nous accueillons le chercheur Gilles Herrada, qui a détecté 9 trajectoires de développement psychosocial, dont 5 font l’objet de son exposé : l’impulsif, le traditionnaliste, le rationaliste, le pluraliste, et, last but not least, le globaliste, son chouchou. Surtout si le globaliste est en mode EM (Elon Musk ou Emmanuel Macron).

Il nous parle de son « modèle TECTA ». Certains objecteront que Gilles Herrada établit des sociotypes taillés à la serpe ; d’autres souscriront à ses paradigmes épistémiques et se régaleront des 5 ou 50 nuances de la psyché humaine qu’il ausculte. D’autres enfin resteront sur leur faim : ils auraient peut-être aimé qu’on parle d’autres sociotypes bien connus dans nos entreprises : l’utopiste, l’optimiste, l’artiste, l’altruiste, ou encore – hélas … – le fumiste, l’absentéiste, etc.

Pour mettre tout le monde d’accord, une bonne citation. Tirée de L’attrape-cœurs de J.D. Salinger.  « L’homme qui manque de maturité veut mourir noblement pour une cause. L’homme qui a atteint la maturité veut vivre pour une cause. »  Haut les cœurs, amis entrepreneurs, amis d’une grande cause sociale et sociétale !