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La Suisse : N°1 de l’innovation – Michaël Thémans

Pour la septième fois consécutive, l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (OMPI) classe la Suisse comme le pays le plus innovant au monde. L’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) compte pour beaucoup dans ce classement. Rencontre avec Michaël Thémans, délégué du vice-président pour l’innovation.

La Suisse conserve la première marche du podium pour sa production d’innovation et est également saluée pour les conditions de soutien à l’entrepreneuriat. Ce qui vaut pour la Suisse en général vaut pour l’EPFL en particulier. Car l’une des particularités de cette école fédérale – outre le fait qu’elle ne soit pas cantonale comme les autres universités suisses est d’avoir inscrit dans son ADN l’innovation ainsi que le soutien à l’entrepreneuriat comme le soutien aux relations industrielles.

Une Silicon Valley pour l’arc lémanique

Depuis vingt-cinq ans, et l’école a été pionnière en Europe en la matière, l’EPFL est dans une logique de promotion de création de start-up et de promotion de relations industrielles. Rares sont les campus qui créent des espaces dédiés aux start-up un véritable parc scientifique est installé au sein de l’université et qui proposent des cours sur l’entrepreneuriat dès les premières années de formation des étudiants. En effet, la sensibilisation à l’esprit entrepreneurial comme chemin de carrière possible est une première étape. La seconde consiste à mettre en place un véritable écosystème de soutien, de mentorat et de coaching. Les étudiants en bachelor et en master peuvent prétendre à des bourses d’un montant de près de 10 000 euros pour porter leur propre projet entrepreneurial, car l’école dispose aussi de deux incubateurs. Ce programme, lancé fin 2017, porte déjà ses fruits puisqu’une dizaine de projets sont en développement et pourraient conduire à autant de créations de start-up.

L’entrepreneuriat sous tout es ses formes

La force de la nouvelle vice-présidence mise en place est de vouloir développer toutes les formes d’entrepreneuriat, et pas seulement celle liée historiquement aux laboratoires de recherche. Cela signifie deux choses : que les étudiants n’ont pas à attendre d’être en thèse pour développer leur projet entrepreneurial (ils peuvent être formés dès le début de leur cursus universitaire) et que la conception de l’« entrepreneuriat » dépasse le modèle de la seule start-up high-tech : les start-up sociales comme celles qui développent de l’innovation en termes de processus ou de modèle d’affaires ont toute leur place à l’EPFL.

Un écosystème très attirant pour les grands groupes

De par son modèle académique, l’EPFL attire les grands industriels et tisse dans le même temps de fortes relations partenariales. Car l’objectif de l’école polytechnique est de produire des interactions entre les quatre communautés présentes sur le campus : ces communautés représentent environ 11 000 étudiants, 120 start-up, 25 grands groupes et une multitude de chercheurs. Les relations industrielles s’établissent au-delà de la seule présence de l’Innovation Park : l’EPFL collabore avec de nombreuses grandes entreprises en Europe et dans le monde sur des projets de recherche et  développement. Cela conduit à des accords-cadres avec la plupart des entreprises du CAC 40 comme avec le géant américain Google. Pour exemple, Intel a un centre R&D sur le campus et PSA, une cellule d’innovation. En chiffres, c’est 250 contrats industriels par an, soit un contrat signé chaque jour ouvré.

Comment expliquez-vous autant d’innovation en Suisse ?

C’est l’écosystème dont nous bénéficions qui nous donne une force de frappe pour innover. On a aussi la chance que les pouvoirs politiques suisses aient pris conscience de la nécessité de promouvoir l’innovation. À cet effet, les différents cantons de Suisse romande et le canton de Berne ont créé une structure pour la promotion économique de la Suisse à l’étranger. La Suisse n’est pas qu’un pays de « sièges administratifs » ! Le potentiel de R&D et d’innovation est tout aussi attractif que la fiscalité.

Qu’est-ce qui vous rend particulièrement fier de travailler à l’EPFL ?

Le cosmopolitisme de l’école. L’EPFL est la deuxième école la plus internationale du monde avec près de 120 nationalités représentées. Je suis moi même de ces étrangers-là, car d’origine belge. Un chiffre qui peut vous intéresser : on attire les meilleurs étudiants un peu partout dans le monde, et plus de 15 % de nos étudiants de première année sont français !

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