EDITO : Réconciliation ?

EDITO : Réconciliation ?

CroissancePlus et ses entrepreneurs viennent de publier L’urgence de la réforme, 70 propositions concrètes pour mettre la France en mouvement et retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi. Adressées au prochain président de la République, elles visent à faire sauter les freins et à libérer les énergies qui permettront aux Français de renouer avec l’optimisme.

Cette ambition repose sur un effort collectif. Il doit être fondé sur une volonté de réconciliation qui mette un terme aux oppositions stériles entre patrons et salariés, privé et public, finance et économie. Cette réconciliation, les entrepreneurs la font vivre : ils développent leur entreprise au bénéfice de leurs collaborateurs et de la société grâce aux revenus, aux emplois et à la croissance qu’ils génèrent. Ils ont donc une responsabilité majeure : offrir aux générations futures un environnement à la hauteur de leurs ambitions.

La mondialisation et la numérisation mettent nos équilibres sociaux au défi. Ce n’est pas dans le repli frileux que nous trouverons une réponse efficace. C’est au contraire en permettant à ses talents de s’exprimer que la France pourra saisir les opportunités qui s’offrent à elle, que ses nombreux atouts lui donnent toutes les chances de pouvoir saisir. Si les entrepreneurs réclament des mesures fortes de la part de la prochaine majorité, c’est pour pouvoir répondre présent et relever ces défis. L’État doit mettre en place un cadre fiscal et juridique porteur de croissance.

Les entrepreneurs sont conscients que cette réconciliation repose sur l’idée d’équilibre et de justice, notamment dans le partage de la valeur ajoutée. C’est à cette condition que le contrat social pourra être efficacement renouvelé, de façon consensuelle.
La réconciliation concerne tout le monde, et elle nécessite l’effort de chacun. Le temps est venu de cesser les querelles dogmatiques et de se mettre collectivement au travail. En permettant à ses entreprises de réussir, la prochaine majorité posera les conditions d’un renouveau auquel chacun aspire : sortir enfin du pessimisme et de l’idée de déclin pour renouer avec celle de progrès.

 

 

Edito : L’urgence de la réforme

Edito : L’urgence de la réforme

jean-baptiste-danet-entrepreneur-croissanceplusLa France se trouve aujourd’hui dans une situation inédite : pays riche et puissant bénéficiant d’un potentiel formidable, elle se perçoit en déclin, et de nombreux Français, plongés dans un profond pessimisme, sont tentés par le repli.

Les entrepreneurs de CroissancePlus créent et développent leurs entreprises en France. Par leurs initiatives et les risques qu’ils prennent, ils démontrent qu’il est possible d’y réussir.

Forts de leur expérience et des freins qu’ils constatent au développement de leurs activités, les entrepreneurs portent un regard lucide sur la situation. Ce document propose aux candidats à l’élection présidentielle des mesures visant à libérer les énergies pour retrouver le chemin de la croissance et de l’emploi. Les entrepreneurs considèrent que l’accumulation des contraintes, les lourdeurs bureaucratiques, étatiques, la dévalorisation du travail, et in fine l’accroissement du chômage ne sont pas une fatalité.

L’objectif premier est de contribuer à un changement de mentalité : nous devons sortir du dos-à-dos stérile dans lequel des postures de principe nous enferment trop souvent. Entre un conservatisme obtus qui refuse par principe tout changement et une approche punitive de la réforme, il existe une voie consistant à créer une dynamique qui permette à chacun de retrouver l’espoir d’un avenir meilleur. Il faut gagner l’agilité qui permettra de suivre le rythme des évolutions du monde, de s’y inscrire et d’en bénéficier. Il est temps d’agir car le refus de s’adapter menace le vivre ensemble.

Cette dynamique peut venir de la volonté d’entreprendre : il faut ré- habiliter le risque au détriment de la rente, valoriser le travail et la répartition du fruit de ses efforts. Et répondre aux aspirations des 19 millions de Français (entrepreneurs) qui rêvent de créer leur entreprise!

 

Jean-Baptiste Danet

Président de CroissancePlus

 

 

Février 2017

 

 

Découvrez les propositions des entrepreneurs de CroissancePlus :

Edito : L’urgence de la réforme

Edito Jean-Baptiste Danet : Tous acteurs

Sans réforme en profondeur de son modèle économique et de ses structures sociales, notre pays va passer à côté du formidable défi que nous offrent les révolutions digitales et énergétiques, notamment celui de transformer le risque en opportunité. Une volonté que nous portons tous et depuis toujours, mais que le prochain Président devra afficher clairement s’il veut bâtir la France de demain.

Pour y parvenir, il devra s’attaquer à trois gros chantiers :

  1. Construire un écosystème compétitif et stable capable de libérer le capital et de créer les conditions d’une biodiversité entrepreneuriale faisant toute sa place à l’entrepreneuriat social.
  2. Repenser le contrat de travail pour l’adapter au plus près des mutations en marche, alors que le numérique rebat les cartes en bouleversant déjà la relation employeur-employé.
  3. Réconcilier les acteurs économiques et sortir du dos à dos grâce à des règles de partage plus justes des fruits de la croissance. A condition que tous les acteurs endossent leur part de risque. C’est seulement en réconciliant l’efficacité économique et la justice sociale que nous gagnerons la bataille de l’emploi.

Ce choc entrepreneurial ne pourra se mettre en œuvre sans la volonté de faire baisser de façon drastique et pérenne les dépenses publiques. Il en va de notre survie et de l’économie de notre pays.

L’effort à conduire sera, certes, considérable pour parvenir à s’aligner sur nos voisins européens, mais il sera certainement récompensé.

Pour construire cette économie du futur, nous proposerons à tous les candidats à la présidentielle, de droite et de gauche, 10 mesures pragmatiques mais essentielles qui conduiront à simplifier la vie des entreprises, à libérer l’innovation et l’investissement productif, pour que la France retrouve sa place dans la compétition internationale.

Parce que la croissance de demain dépend largement de notre capacité à innover, investir, embaucher et partager, laissons-nous la possibilité d’être un acteur libre de ce monde en mouvement.

 

Jean-Baptiste Danet

Président de CroissancePlus

Edito : le RDV manqué pour réformer le droit du travail

Edito : le RDV manqué pour réformer le droit du travail

La reculade du gouvernement le montre bien, nous sommes en train de perdre une occasion historique de s’attaquer à un code du travail obsolète et injuste. Tout d’abord, le retrait de la barémisation des indemnités prud’homales et des mesures pour accroître le pouvoir de décision des employeurs dans les PME semble acquis. Deux des principaux intérêts de la réforme disparaissent.

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Par ailleurs, la modulation du temps de travail sur 3 ans relèvera des branches, et non pas de l’entreprise. En pratique, ce sujet sera très difficile à négocier dans les branches. L’agilité est attendue au niveau de l’entreprise mais la loi rate le rendez-vous.

Les branches pourront aussi conclure des « accords-types » directement applicables dans les entreprises. Elles gardent un rôle central pour réguler la concurrence entre les entreprises via la définition d’un « socle social » applicable à tous les salariés sur les salaires, les qualifications, les complémentaires santé, la durée minimale des contrats à temps partiel, etc.

Et il ne faut pas oublier les faiblesses du projet initial. En matière de forfait jours, par exemple, l’encadrement législatif proposé par ce projet de loi est trop faible et ne permet pas de rendre réellement flexible le temps de travail au sein des entreprises.

La plupart de nos partenaires européens ont réussi ces réformes difficiles : l’Allemagne avec les réformes Schroeder-Hartz, Matteo Renzi avec le Jobs Act à l’Italienne, l’Espagne de Mariano Rajoy, la flexi-sécurité danoise… En France, on revit inlassablement le même film du CIP, du CPE, de la TVA sociale, etc. : les réformes se fracassent sur la préparation de l’échéance électorale suivante.

Ce qui est catastrophique aujourd’hui, c’est que les principaux retraits ont eu lieu avant même la présentation du texte en Conseil des ministres, ce qui laisse au Parlement le soin de le détricoter encore plus quand il l’examinera.

Pourtant, tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’il faut avant tout donner de l’agilité au marché du travail pour résorber le chômage. Arrêtons de confondre défense de l’emploi avec défense du code du travail, et proposons une vision positive et collaborative. La croissance des entreprises ne passe pas par l’opposition entre salariés et employeurs, mais par la construction d’un projet commun, porteur de sens et de richesses pour l’ensemble de l’entreprise.