Edito Jean-Baptiste Danet : Tous acteurs

Edito Jean-Baptiste Danet : Tous acteurs

Sans réforme en profondeur de son modèle économique et de ses structures sociales, notre pays va passer à côté du formidable défi que nous offrent les révolutions digitales et énergétiques, notamment celui de transformer le risque en opportunité. Une volonté que nous portons tous et depuis toujours, mais que le prochain Président devra afficher clairement s’il veut bâtir la France de demain.

Pour y parvenir, il devra s’attaquer à trois gros chantiers :

  1. Construire un écosystème compétitif et stable capable de libérer le capital et de créer les conditions d’une biodiversité entrepreneuriale faisant toute sa place à l’entrepreneuriat social.
  2. Repenser le contrat de travail pour l’adapter au plus près des mutations en marche, alors que le numérique rebat les cartes en bouleversant déjà la relation employeur-employé.
  3. Réconcilier les acteurs économiques et sortir du dos à dos grâce à des règles de partage plus justes des fruits de la croissance. A condition que tous les acteurs endossent leur part de risque. C’est seulement en réconciliant l’efficacité économique et la justice sociale que nous gagnerons la bataille de l’emploi.

Ce choc entrepreneurial ne pourra se mettre en œuvre sans la volonté de faire baisser de façon drastique et pérenne les dépenses publiques. Il en va de notre survie et de l’économie de notre pays.

L’effort à conduire sera, certes, considérable pour parvenir à s’aligner sur nos voisins européens, mais il sera certainement récompensé.

Pour construire cette économie du futur, nous proposerons à tous les candidats à la présidentielle, de droite et de gauche, 10 mesures pragmatiques mais essentielles qui conduiront à simplifier la vie des entreprises, à libérer l’innovation et l’investissement productif, pour que la France retrouve sa place dans la compétition internationale.

Parce que la croissance de demain dépend largement de notre capacité à innover, investir, embaucher et partager, laissons-nous la possibilité d’être un acteur libre de ce monde en mouvement.

 

Jean-Baptiste Danet

Président de CroissancePlus

Edito : le RDV manqué pour réformer le droit du travail

Edito : le RDV manqué pour réformer le droit du travail

La reculade du gouvernement le montre bien, nous sommes en train de perdre une occasion historique de s’attaquer à un code du travail obsolète et injuste. Tout d’abord, le retrait de la barémisation des indemnités prud’homales et des mesures pour accroître le pouvoir de décision des employeurs dans les PME semble acquis. Deux des principaux intérêts de la réforme disparaissent.

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Par ailleurs, la modulation du temps de travail sur 3 ans relèvera des branches, et non pas de l’entreprise. En pratique, ce sujet sera très difficile à négocier dans les branches. L’agilité est attendue au niveau de l’entreprise mais la loi rate le rendez-vous.

Les branches pourront aussi conclure des « accords-types » directement applicables dans les entreprises. Elles gardent un rôle central pour réguler la concurrence entre les entreprises via la définition d’un « socle social » applicable à tous les salariés sur les salaires, les qualifications, les complémentaires santé, la durée minimale des contrats à temps partiel, etc.

Et il ne faut pas oublier les faiblesses du projet initial. En matière de forfait jours, par exemple, l’encadrement législatif proposé par ce projet de loi est trop faible et ne permet pas de rendre réellement flexible le temps de travail au sein des entreprises.

La plupart de nos partenaires européens ont réussi ces réformes difficiles : l’Allemagne avec les réformes Schroeder-Hartz, Matteo Renzi avec le Jobs Act à l’Italienne, l’Espagne de Mariano Rajoy, la flexi-sécurité danoise… En France, on revit inlassablement le même film du CIP, du CPE, de la TVA sociale, etc. : les réformes se fracassent sur la préparation de l’échéance électorale suivante.

Ce qui est catastrophique aujourd’hui, c’est que les principaux retraits ont eu lieu avant même la présentation du texte en Conseil des ministres, ce qui laisse au Parlement le soin de le détricoter encore plus quand il l’examinera.

Pourtant, tout le monde reconnaît aujourd’hui qu’il faut avant tout donner de l’agilité au marché du travail pour résorber le chômage. Arrêtons de confondre défense de l’emploi avec défense du code du travail, et proposons une vision positive et collaborative. La croissance des entreprises ne passe pas par l’opposition entre salariés et employeurs, mais par la construction d’un projet commun, porteur de sens et de richesses pour l’ensemble de l’entreprise.