Il est absurde de repousser trop loin l’âge pivot si une majorité des seniors n’ont pas d’activité. Pour éviter qu’ils acceptent une pension décotée ou pointent tout simplement au chômage, faisons de l’emploi des seniors le préalable à la réforme des retraites. Les explications de Thibaut Bechetoille.

 

Entre tensions sociales, guérilla parlementaire et lourdes concessions de l’exécutif, la réforme du système de retraites renvoie l’image d’une grande impréparation. A mesure que la cohérence et la lisibilité de la réforme se réduisent, son acceptabilité, voire sa légitimité se trouvent d’autant affaiblies.

En renvoyant à la conférence de financement la responsabilité de trouver des moyens pour combler le déficit des caisses du système de retraite, le gouvernement prend le risque de pousser les partenaires sociaux dans une impasse en jouant sur leurs antagonismes.

“Il faudrait un report de deux ans pour assurer un équilibre pérenne du régime.”

Pour en sortir, il devra nécessairement se tourner vers des mesures d’âge. Dès 2025, les comptes devront nécessairement être à l’équilibre sur une période de cinq ans. Dans ce contexte, le retour de l’âge pivot semble incontournable. Les évolutions démographiques rendent même tout à fait envisageable un report de l’âge de départ. Selon l’Institut de la protection sociale, il faudrait un report de deux ans pour assurer un équilibre pérenne du régime, voire tendre jusqu’à 65 ans pour assurer un financement durable de la dépendance des personnes âgées (…)

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