La crise du Covid-19 montre notre dépendance industrielle vis-à-vis de l’Asie. Planification étatique, nationalisations et subventions sont ici et là présentées comme le bon remède. Or ce dont la France a vraiment besoin est ni plus ni moins de gagner en compétitivité, estime Thibaut Bechetoille, président de CroissancePlus.

 

Pénuries de masques, manques de respirateurs artificiels, dépendance à l’Asie de nos approvisionnements en médicaments… La crise que nous traversons met en lumière tout le drame que constitue la désindustrialisation de la France. Depuis plusieurs décennies, notre outil industriel s’affaisse. Notre PIB industriel est tombé à 10 % (contre 24 % en Allemagne), le déficit de notre balance commerciale flirte avec les 60 milliards d’euros, contre 220 milliards d’excédents outre-Rhin.

Nous le voyons, ce drame est avant tout stratégique. Notre dépendance à la Chine nous place dans une position dangereuse, comme le révèle cette crise. Or, notre autonomie industrielle est la condition essentielle de notre souveraineté. Au-delà du secteur sanitaire, certains secteurs sont vitaux en cas de crise : électronique, métallurgie, chimie, etc. Ce problème est également social : un million d’emplois industriels ont été détruits entre 2000 et 2016, ce qui a grandement contribué à la souffrance de nos territoires.

Enfin, la désindustrialisation s’est accompagnée de la perte d’un grand nombre de nos savoir-faire d’exception et de la disparition de plusieurs entreprises d’excellence industrielle. On l’a constaté récemment avec l’OPA d’un fonds basé aux îles Caïmans sur notre fleuron aéronautique Latécoère (…)

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